fracture de l'âme

Sorti en 1988, ce livre fut pour moi le premier d’une longue série. Il s’agit de « les fractures de l’âme » du Dr Fabrice Dutot et de Louise L. Lambrichs.
Il m’a fait découvrir une autre facette de la médecine et de la capacité de l’être humain à se prendre en charge dans le domaine de la guérison.
En 88 j’avais 20 ans et on ne parlait pas de ces sujets en école d’ingé, pas vraiment l’environnement. J’étais cependant convaincu des bénéfices des médecines alternatives, naturelles, douces. A cette époque, je n’avais pas encore abordé les approches de décodage et tout juste celles énergétiques, à travers le magnétisme.
En me replongeant dans sa lecture, je m’aperçois qu’au travers des nombreuses thématiques abordées, il est structuré, démonstratif. Il rappelle également la déontologie dans le déroulement d’une consultation vis à vis du corps et de l’esprit.

En 88, de mon statut d’étudiant et de mon état intellectuel de pré-adulte, j’avais retenu les 3 éléments suivants qui font que dans mon coeur, ce livre est toujours dans le top 5 de mes ouvrages préférés concernant les sujets thérapeutiques :
– un livre rédigé par un médecin généraliste;
– la rencontre entre ce Dr et un de ses patients qui était guérisseur ;
– le cas particulier de Patrick qui s’auto-mutile.

En premier lieu, il s’agit de l’espoir généré par ce type d’ouvrage rédigé par un médecin généraliste qui s’ouvre aux problématiques corps-esprit.

Puis la rencontre dont il est question met en exergue l’incompréhension, le gouffre phénoménal entre notre système médical et toute autre approche de soin, plus humaine, plus à l’écoute, considérant l’humain dans son intégralité, dans sa globalité (cf chap « premier pas »).
Le patient qui dit au Dr Dutot : « finalement je fais un peu le même métier que vous, je suis guérisseur », suivi de l’attitude du chef de service qui n’intègre pas une once du diagnostic du Dr Dutot et pour une petite remarque le congédie. La situation est ubuesque. 2 mondes se font face, l’un traité de charlatanisme et l’autre condescendant pour lequel « hors des médicaments point de salut » pourrait être la devise.
Heureusement, d’autres profils de médecins existent comme celui du Dr Dutot, et il y en a de plus en plus, ouverts d’esprit, appliquant un art de la consultation il est proposé dans cet ouvrage.

Et le cas de Patrick ? Il perd les extrémités des doigts des mains puis des pieds. Au fur et à mesure des consultations, il finit par exprimer l’émotion qui le tenaille, la raison de son désarroi et là, tout s’arrête, finit l’auto-mutilation.
C’est la mise en évidence de la façon dont le corps parle toujours d’une histoire particulière.
Au chap « les maux pour le dire », en 2 points, le Dr nous assène :
– ce qui est fondamental, c’est ce que ressent intimement le malade, c’est cela que le médecin doit parvenir à entendre;
– l’essentiel est que le malade en prenne conscience en le formulant lui-même.

Cet ouvrage traite de bien d’autres aspects de la relation médecin -patient. Il présente également diverses études démontrant la nécessité d’intégrer l’histoire personnelle qui ne peut en aucun cas rentrer dans un traitement généraliste, globalisé, le même pour tous.

Alors oui, encore merci pour avoir mis ces lignes sur mon chemin. Je très suis confiant en l’avenir de la médecine car on peut voir (à commencer par mon médecin de famille), de plus en plus de médecins se tourner vers des médecines non académiques et vers plus de psychologie dans leur approche de l’individu. Ce qui n’empêche pas notre médecine d’être à la pointe des avancées technologiques.
Lecture fortement conseillée !